La formation semble être l’une des béquilles indispensables à l’accès à l’autonomie financière des femmes vivant en milieu rural. La communauté rurale de Dindéfélo en est une belle illustration, dans la région de Kédougou.
Le village de Dindéfélo est situé à environ une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Kédougou. Ce village doit sa renommée à la générosité de son paysage et à la clémence de la nature qui a su offrir à l’humanité un endroit plein de mystères (la cascade de Dindéfélo). Outre ses caractéristiques physiques, la localité présente des aspects socio-économiques non- négligeables. Le tissu social élastique permet à la femme d’occuper la place qui lui revient. De par son statut de village touristique, Dindéfélo devrait pouvoir offrir beaucoup d’opportunités en affaires. Ainsi, encouragées et soutenues par les hommes ; les femmes de cette localité prennent de plus en plus d’initiative. C’est pourquoi elles sont plus que jamais déterminées à entreprendre. De l’avis de Mme Mata Diallo présidente des GPF de la communauté rurale de Dindéfélo et de l’arrondissement de Bandafassi : « nous ne voulons plus rester derrière. Nous devons entreprendre beaucoup d’activités pour devenir financièrement plus autonomes. Mais il nous manque certaines compétences.»Pour combler ce vide, des jeunes du village regroupés dans une structure dénommée Association d’Appui aux initiatives locales et à l’environnement (AILE) organisent de temps à autre des sessions de renforcement de capacité au profit de ces femmes. Balla Diallo, un des responsables de l’aile explique « il est de notre devoir en tant que jeunes du village de contribuer au développement ».L’AILE est souvent soutenue dans ce combat par la fondation Konrad Adenauer qui participe aussi à l’éveil de conscience des femmes dans la participation à la vie politique et sociale du village et de la communauté rurale. Ces multiples séances de formation sont conçues de manière à orienter davantage les femmes dans le choix des idées de projets de micro-entreprises et la gestion de celles-ci. Ces dernières n’ont plus besoin d’importer des tissus teintés de la guinée. « Nous avions récemment été formées en teinture, si nous disposons de la matière première, nous pouvons confectionner nos propres « tissus » a laissé entendre Mme Mata Diallo. Les femmes de Dindéfélo évoluent aussi dans différents secteurs d’activités traditionnelles comme la collecte, la transformation et la commercialisation des produits agricoles (fonio) ou de cueillette (pain de singe…).Sur le terrain elles sont soutenues et encadrées par les facilitateurs du programme Usaid/Wula nafaa. Une partie de leur production est écoulée sur place au marché hebdomadaire de Dindéfélo.
