Situé à 22 km de Kédougou, Iwol est un des sept villages de la communauté bediks, une des quatre ethnies minoritaires de la région dont les us et les coutumes demeurent vivants. Logé au creux d’une montagne dont l’accès relève d’un véritable parcours du combattant, Iwol reçoit la visite de nombreux excursionnistes de partout dans le monde, de passage dans la région
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Ce village multiséculaire renferme des sites historiques et sacrés à visiter. Le paysage luxuriant est doté d’une montagne verdoyante en période d’hivernage qui confère au site un aspect paradisiaque qu’on ne peut échapper à l’envie de l’escalader. Cependant, les chemins menant à cet endroit historique sont tortueux, caillouteux et demande beaucoup de courage. Iwol se dresse en altitude, à la cime. Et est niché au creux de la montagne. La hauteur certes importante n’est point un obstacle à surmonter. Encore moins, qu’elle ne décourage pas les nombreux visiteurs qu’accueille le site. Ce village bedik offre une vue panoramique du village de’Ibel sis au pied de la montagne dans l’arrondissement de Bandafassi et ses environs. Le spectacle qu’offre de visu le village est frappant et saisissant. Il est Fantastique, magnifique, aucun adjectif ne serait de trop pour qualifier et appréhender l’originalité de ce site pittoresque. Il faut des heures de marches, sans doute ponctuées d’arrêts pour prendre quelques gorgées d’eau afin d’atteindre Iwol, «la capitale de la communauté bedik par excellence». Retour sur un riche patrimoine historique En effet, ledit village est Créé vers le 12é siècle. il est sans doute l’un des plus anciens du Sénégal. L’histoire de la communauté bedik remonte à des temps immémoriaux. Ils seraient venus du soudan occidental, l’actuelle République du Mali vers le 12è siècle, pour fuir la guerre de succession entre Soundjata Keïta et Soumangourou Kanté. Ils se sont ainsi réfugiés au sud est du Sénégal, dans la région de Kédougou, sur la montagne(Iwol). C’est par la suite que Alpha Yaya DIALLO, résistant venu de la Guinée avec ses troupes est venu les prendre pour les convertir à l’Islam et les déporter en Guinée. Devant le refus de ces derniers de se convertir à la religion musulmane, une guerre éclata. Les soldats abusaient des femmes, les jeunes étaient capturés par la force et les vieux égorgés comme des fauves. Alors que les rescapés se réfugiaient dans des casernes en dehors du village. Ils ne sortaient que pendant la nuit pour puiser de l’eau. Même pour piler les céréales, ils écrasaient le mil avec des cailloux de peur que le bruit n’attire l’attention de l’ennemi qui était régulièrement à leurs trousses. Cependant, selon la légende avec l’ampleur que prenaient les combats, lesdits rescapés auraient choisi 18 jeunes pour les donner en sacrifice aux génies protecteurs du village. C’était une sorte d’offrande à ces derniers pour assurer leur protection. A en croire les sources orales, ces génies auraient accepté l’offrande mais sans pour autant ôter la vie des pauvres jeunes. Ils les auraient enfermé d’abord dans une chambre pour se rendre ensuite à la place publique du village où ils ordonnèrent aux abeilles de combattre à la place des populations Bediks. Ainsi, chaque piqure d’abeille était synonyme de pertes en vies humaines. C’est en ce moment que les Bediks eurent la paix et la quiétude. Quant à Alpha Yaya, il serait reparti chez lui en Guinée avec la piqure d’un moustique qui aurait entrainé par la suite sa disparition. Au cours des rudes affrontements ayant opposé Bediks et soldats de Alpha Yaya, une femme du village accoucha de deux frères jumeaux. Pour la protéger contre la piqure de ces insectes, le génie protecteur l’aurait conduit à 2kms du village avec ces deux enfants. Les deux mômes et leur maman furent transformés en pierre par la magie du génie. Quand bien même que la dame n’a pas pu être complètement transformée. Alpha Yaya l’aurait tranché au milieu avec son épais. Après la mort de la femme, le génie n’aurait pas voulu redonné la forme humaine aux deux jumeaux. C’est ainsi qu’il abandonna la pierre avec sa forme ressemblant aux deux enfants. Une statue qui mesure 1,90m de hauteur. Non loin de là, à la sortie du village a poussé un baobab qui mesure 23,30m de circonférence. Un Baobab mythique Ce baobab légendaire revêt d’une importance incommensurable pour le peuple Bedik qui veille scrupuleusement sur lui comme de l’huile sur le feu. Rien que pour prendre une photo de cet arbre, il faut débourser la somme symbolique de 1000 f Cfa encaissé par son propriétaire, Tamba Kamara. En effet, le Baobab a poussé 5ans après, sur la tombe d’un membre de la famille Camara. C’était au 13e siècle. Depuis lors, chaque fin d’année, des cérémonies rituelles sont organisées autour du tronc de l’arbre. A ce Baobab, s’ajoute les deux fromagers géants sacrés. C’est sous cet arbre que les enfants de 5 à 6ans venaient jouer sous l’ombre. Tandis que, les femmes pilaient les céréales. Mais au retour à la maison, les enfants avaient les yeux enflés et le ventre ballonné. Des déformations qui étaient causées par un diable qui habitait les lieux. il était hostile à la présence des gamins. Quant aux femmes, leurs pilons, mortiers tous étaient jetés dans un trou par le monstre. « en 1986, j’avais essayé de couper une branche pour en faire un piquet en vue de clôturer ma maison. Dès que j’ai coupé, l’arbre a crié comme une personne. J’en ai parlé à mon papa, mais il n’a pas voulu me croire. En 1987, lui-même a essayé de couper une branche l’arbre à crié. Il a récidivé. Il est finalement tombé dans les pommes trois jour durant» a raconté Jean Baptiste qui excelle dans l’art de conter l’histoire du peuple Bedik. C’est le sacrifice d’une chèvre qui a permis au diable de s’éloigner. Les Bediks, une communauté bien hiérarchisée. Iwol compte 523 habitants. Il est partagé entre quatre familles, biens hiérarchisées : Keïta, Camara, Samoura et Sadiakhou. Ce faisant, chacune de ces familles s’est assignée une tâche bien définie. C’est ainsi que, Les Keïta assurent la chefferie, les Camara et les Samoura organisent les fêtes villageoises. Quand aux Sadiakhou, ils sont les dépositaires de la tradition. Le peuple bedik est très conservateur et replié sur lui-même. Néanmoins, il commence à s’ouvrir au monde extérieur. En atteste la présence d’un poste de santé, d’une école et d’une paroisse. Cette dernière implantée par un blanc aux fins de christianiser ce peuple. Les populations n’ont toujours pas réussi à supplanter l’animisme qui est la religion des ancêtres. Les bediks comme les Bassaris sont très attachés à leur religion originelle. D’ailleurs la préservation de leur riche patrimoine culturel en dépend. Encore qu’elle en est une illustration remarquable. Les cérémonies d’initiation des jeunes à la vie adulte et celles familiales sont empreintes de pratiques animistes. Un peuple montagnard. La communauté bedik souffre d’un réel problème d’intégration. Cette dernière vit toujours en retrait à la cime de la montagne par rapport aux autres communautés. Cependant, ce n’est pas fortuit si ces derniers ont choisi la montagne comme lieu d’habitation. A en croire Jean Baptiste« on a préféré la montagne pour se protéger de l’ennemi». Les bediks ont une population réduite. Et avant même, s’ils voyaient un individu habillé en pantalon, ils le prenaient pour un guerrier. D’autant plus que les cicatrices de la guerre ne s’étaient pas refermées. En outre, ce retrait sur la montagne leur permet de s’adonner à des rituels traditionnels exclusivement réservés aux membres de la communauté. Ces rituels permettent entre autre de faire des incantations à la veille de la saison des pluies afin que le ciel ouvre ses vannes et que les récoltes soient abondantes. Ils s’adonnent activement au travail de la terre. Il s’agit principalement de l’agriculture et du maraichage. Iwol ou l’arbre de Karité En effet le premier à s’implanter dans cette localité est venu du Mali. Il portait le nom de «Bandé». A son arrivée, ce dernier était basé sous l’arbre à Karité que les bedik appellent «Iwol). L’arbre était placé au centre du village. C’est de-là qu’est né le nom du village. Quant aux musulmans, ils ont préféré gardé le nom Bandé qui portait le premier à être implanté dans le village. Le totem des habitants de Iwol est le caméléon. Le choix de ce lézard arboricole n’est pas le fruit du hasard. Dés lors que c’est lui qui a eu à montrer au bedik sa cachette pour ne pas tomber dans les mailles de l’ennemi à l’époque de la guerre. Le caméléon est considéré comme un animal sage et gentil. Il n’est pas tué chez les Bedik. |
